Face à la poursuite des destructions d'emplois à TDF, les salariés de TDF ont décidé de communiquer leurs actions, leurs exigences et toutes informations en leur possession. Ce blog est un blog libre, où toutes les opinions peuvent s'exprimer. Vous pouvez envoyer vos contributions à salaries-tdfmetz@gmail.com
Restructurations à TDF
100 emplois menacés à Metz

une société en bonne santé économique
Chiffres 2008 TDF SAS :
800 Millions d’Euros de Chiffre d’Affaires
136 Millions d’Euros de bénéfices
Mais une société détenue par des fonds spéculatifs
Donc une société qu’on saigne financièrement
Réduction drastique des investissements, gage de son avenir
Suppression de 600 emplois sur 2400
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Restructurations à TDF
100 emplois menacés à Metz
La direction de TDF, principal diffuseur des télévisions et radios françaises, a annoncé le 13 Juin 2009 un projet de restructuration de l’entreprise, accompagné d’un plan de suppression de près de 600 emplois sur environ 2.400, soit un quart des effectifs à l’échelon national.
TDF est implanté sur le technopôle de Metz et y emploie environ 100 cadres et techniciens, principalement impliqués dans le développement de nouveaux réseaux et services.
Le basculement vers le tout numérique, et l’extinction des réseaux de télévision analogique à l’échéance de 2011, constitue l’unique raison invoquée par la direction de TDF pour procéder à ce plan. La direction annonce d’autre part, que les suppressions de postes se feraient prioritairement sur la base de « départs volontaires » à l’échéance de 18 mois.
A l’échelle nationale, mais aussi localement sur le site de Metz, l’ensemble des syndicats de TDF (CFDT, CGT, CFE-CGC, FO, CFTC) réunis en une intersyndicale, sont mobilisés pour lutter contre ce qu’ils appellent un démantèlement de l’entreprise. 80% des salariés de TDF ont suivi le préavis de grève déposé les 22, 23 et 24 Juin. Une manifestation nationale au pied de la Tour Eiffel, principal site de diffusion de TDF, a rassemblé plusieurs centaines de salariés venus de toute la France.
L’Intersyndicale dénonce en particulier la logique purement financière qui se cache derrière ce véritable « plan social », sous la pression des actionnaires, et sans projet industriel vital pour la survie de l’entreprise. En effet, depuis sa privatisation en 1991, TDF a subi deux « LBO » (Laverage BuyOut), montages financiers qui ont permis à des fonds de pension en particulier anglais et américains, de racheter la société à moindre coût en faisant appel à des emprunts remboursés par la société elle-même. TDF doit donc dégager le maximum de bénéfice tous les ans pour faire face aux échéances de remboursement de cette dette (136 Millions d’Euros de bénéfices en 2008 pour un chiffre d’Affaire de plus de 800 Millions d’Euros !). Dans les 2 ans à venir, ces échéances seront telles que la seule solution envisagée par les actionnaires et les dirigeants, consiste à tailler drastiquement dans les investissements et la masse salariale de l’entreprise.
Les logiques de court terme liées à ces LBO conduisent les entreprises à la catastrophe. Les entreprises de hautes technologies comme TDF ont besoin d’investissements de long terme pour conduire les réussites pérennes de l’avenir. Ainsi à TDF, la TNT (Television Numérique Terrestre) est une œuvre qui s’est in fine construite sur vingt ans. Aujourd’hui avec de si pitoyables investisseurs et dirigeants, on ne peut plus inventer les services numériques de demain.
Depuis sa création en 1990, le site TDF de Metz a toujours été impliqué dans des activités amont de recherche et de conception de nouveaux réseaux et services. A ce titre, la crainte des salariés du site est qu’ils soient parmi les premiers touchés par le plan de suppression de postes, voire que le site soit définitivement fermé, ce qui aurait comme avantage pour la direction de TDF, de susciter des « départs volontaires » à l’insu du plein gré des salariés.
L’intersyndicale en appelle aux élus locaux et nationaux afin de faire pression sur la direction de TDF pour l’abandon de ce plan de suppression d’emploi, et le lancement d’une réflexion réellement industrielle et non pas financière, pour l’avenir de TDF et de ses salariés. Il en va de l’avenir d’une centaine de familles sur le bassin d’emploi messin. De plus, cette fermeture pourrait représenter un coup d'arrêt au développement du technopôle de Metz, et un constat d'échec après la fermeture il y a quelques mois, de la Direction Régionale Est de SFR, pour un pôle qui se voulait moteur dans les activités de télécommunication.