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Sylvia Di Pasquale © Cadremploi.fr - Publié le 24.11.08

 

Des licenciements ? Vous n’y pensez pas ma bonne dame. C’est un mot limite grossier. Aujourd’hui, on ouvre des « guichets de départs volontaires ». Voilà qui a une autre gueule. Et tout le monde s’y colle. Chez PSA, Renault, en passant par SFR, France télévision ou même le CHU de Nantes, c‘est la marotte du moment. Un truc ultra pratique pour que tout le monde soit content : les pouvoirs publics, les dirigeants des entreprises concernées et même les syndicats.

 

Pour le gouvernement actuel, adepte du volontariat, c’est pain bénit. Pour l’entreprise qui ne risque pas de conflit, c’est du biscuit. Et pour les syndicats, c’est une paix sociale à tout petit prix. Financièrement aussi, l’affaire est intéressante puisque les primes de départs offertes coûtent souvent moins cher qu’un bon gros plan de reclassement de salariés virés.

 

Les salariés, justement, ils en pensent quoi, de tout ça ? Jusqu’à il y a peu de temps, ils s’en accommodaient plutôt bien. Ceux qui avaient une idée derrière la tête étaient même ravis du cadeau. Un pactole de départ pour se lancer dans une création d’entreprise, c’était une aubaine. Même réaction chez ceux qui étaient sûrs d’être embauchés par un autre employeur. Idem s’il ne leur restait que quelques mois à tirer avant de toucher une retraite méritée. Mais ce joyeux consensus autour d’un plan social déguisé est un scénario d’avant la crise. Finis les guichets de départs volontaires où les candidats étaient plus nombreux que nécessaires. Le mot d’ordre du jour serait plutôt « tous aux abris ! ».

 

On les comprend : quel peut bien être l’intérêt d’un ingénieur motoriste de quitter Renault ? Il a peu de chance de se faire recruter par PSA. Alors, s’il n’a pas l’intention de se lancer dans un projet personnel, il va tout simplement rester à sa place. Et attendre des jours meilleurs. C’est justement ce qui arrive : selon les syndicats de l’usine Renault de Sandouville, où 1 150 départs sont exigés,  il n’y aurait que 20 candidats volontaires. Un flop logique qui pourrait se reproduire ailleurs que dans l’industrie automobile.

 

Du coup, on se dit que cette logique actuelle, qui fait que les salariés font le dos rond et snobent les guichets, est tellement évidente qu’elle a bien dû effleurer les dirigeants des entreprises qui les ont mis en place. Et comme on aime bien pousser la logique un peu plus loin encore, on se demande pourquoi ils les ont néanmoins mis en place. Ce ne serait pas, par un improbable hasard, pour annoncer, dans quelques mois, qu’étant donné l’échec du volontariat, ils sont contraints et forcés de procéder à des licenciements secs ? Tout en demandant à l’Etat de financer des reclassements qu’ils ne peuvent pas payer ? On n’ose y croire.

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